La Voix du Nord juillet 2016

Le tatoueur des stars de l’Euro est un Seclinois

Gérald Saeys adore le football. Mais le Seclinois aime encore plus tatouer les joueurs. Comment le Nordiste, patron du salon G.Tattoo, est-il devenu en quelques années un des tatoueurs les plus en vogue chez les sportifs de haut niveau ? Récit.
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Gérald Saeys suivra le match des Bleus ce soir à la télévision. Mais, à chaque ralenti, ou gros plan de la caméra, le Seclinois, passionné de foot, ne décryptera pas les actions de jeu, mais s’arrêtera sur les tatouages de Dimitri Payet, Olivier Giroud, Yohan Cabaye. Sur ses créations.

Beaucoup ont le prénom de leurs enfants

Gérald Saeys ne compte plus le nombre de footballeurs professionnels, du LOSC, du VAFC… qui sont passés sous ses aiguilles. «  Au moins, une trentaine. Je ne sais pas exactement.  » Par contre, il se souvient de chaque rencontre. De chaque dessin gravé. «  Ce sont toujours des tatouages en lien avec la famille. Beaucoup ont le prénom de leurs enfants.  » Comme Dimitri Payet, qui a également marqué sur ses trapèzes leur date de naissance, «  le jour de son transfert à Marseille  ». Comme Olivier Giroud qui porte désormais le prénom de ses deux enfants. «  Il est venu deux mois avant l’Euro. Le tatouage n’est jamais un coup de tête. Il a toujours une symbolique sentimentale ou religieuse  », explique le tatoueur, évoquant aussi le chapelet ceinturant l’épaule de Yohan Cabaye depuis trois ans.

Pour répondre à la demande des joueurs, Gérald Saeys adapte son emploi du temps : «  Ils m’appellent souvent la veille pour le lendemain, ils sont toujours de passage à Lille. Du coup, je les reçois le soir, après le travail. C’est le jeu !  »

Grâce à Mathieu Debuchy

En écoutant parler ce quadragénaire d’un mètre quatre-vingt-quinze pour cent quinze kilos, on se demande comment cet artiste du secteur est devenu l’un des tatoueurs vedettes des stars du ballon rond. C’est grâce à un autre footballeur, Mathieu Debuchy, originaire de Fretin, évoluant toujours à Arsenal. Les deux hommes se sont rencontrés il y a dix ans à Tourmignies. Gérald était videur de boîte de nuit à Avelin, Mathieu Debuchy, un client régulier : «  On a discuté et le lendemain, Mathieu est venu m’apporter à la maison un maillot signé par l’équipe du LOSC. J’ai été très touché par cette attention.  » Les deux hommes ne se sont plus jamais quittés. «  Mathieu, c’est mon meilleur pote. C’est un mec génial, il est simple. Et n’a jamais pris la grosse tête.  » C’est lui qui a été un des premiers clients de Gérald : «  Mathieu avait déjà deux ou trois tatouages. Aujourd’hui, son corps est à moitié rempli. Le tatouage, on sait quand on commence, mais jamais quand on finit !  »

Le dernier ? Le gardien de but d’Arsenal

Gérald, lui, a immortalisé chaque temps fort de sa vie, son mariage, la naissance de ses quatre enfants. Et a gravé son esprit guerrier par un tatouage maori «  que tous les jeunes veulent copier. Je refuse car pour moi, un tatouage est unique, alors je leur fais quelque chose d’assez similaire.  » Un tatouage qui n’est pas, non plus, passé inaperçu dans les vestiaires : «  Mathieu m’a très rapidement amené des joueurs à la maison, à Haubourdin, où j’avais installé mon salon.  » Y sont venus Cabaye, Hazard, Mavuba, Gervinho… «  Tous sont devenus des stars depuis. Mathieu a été un des précurseurs du tatouage dans le milieu du foot.  » Et, depuis que le défenseur évolue outre-Manche, le Seclinois laisse aussi son empreinte sur quelques joueurs anglais : «  Là, il m’a emmené tatouer le gardien de but d’Arsenal. Il voulait une couronne royale sur la main.  »

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